Grande ortie (Urtica dioica) : bien plus qu’une simple mauvaise herbe

Grande ortie, ortie dioïque, ortie commune (Urticaceae)

Grande ortie Urtica dioica
Port d’une grande ortie très ramifiée en automne.

La Grande ortie (Urtica dioica) fait partie des plantes sauvages indigènes les plus connues d’Europe et se révèle étonnamment polyvalente pour l’être humain.

Les jeunes feuilles peuvent être consommées sous forme de soupe ou comme légume cuit à la vapeur.

Grâce à ses précieux principes actifs, elle est également appréciée comme plante médicinale.

La Grande ortie est aussi utilisée dans des produits cosmétiques tels que les shampoings ou les crèmes.

Shampoing aux herbes à la Grande ortie
Shampoing aux herbes à la Grande ortie

Au jardin également, elle se montre utile : elle peut servir à renforcer les plantes et comme engrais. En revanche, elle est plutôt inefficace contre les limaces. Les mollusques ne se laissent pas décourager par ses poils urticants.

escargot petit gris & grande ortie
Cet escargot petit-gris (Cornu aspersum, syn. Helix aspersa) n’a eu aucun problème avec les feuilles de cette ortie qui ne piquaient presque plus.

De nombreux invertébrés utilisent la Grande ortie comme habitat ou source de nourriture.

Elle sert de plante hôte aux chenilles de certains papillons, ce que j’aurais volontiers montré plus en détail ici. Dans les milieux urbains, où je photographie et filme le plus souvent, cela s’observe cependant rarement.

Chenille de Pleuroptya ruralis
Chenille de Pleuroptya ruralis (pyrale du houblon).

Lorsque des araignées vivent sur une plante, il y a une raison : elles y trouvent des proies. J’ai souvent observé la pisaure admirable (Pisaura mirabilis) sur la Grande ortie.

Pisaure admirable & grande ortie
Pisaure admirable (Pisaura mirabilis)

Les araignées ne sont toutefois pas les seuls prédateurs à coloniser Urtica dioica. La coccinelle à damier (Propylea quatuordecimpunctata) recherche des pucerons entre les feuilles.

Propylea quatuordecimpunctata & Urtica dioica
Coccinelle à damier (Propylea quatuordecimpunctata)

Ce qui rend la Grande ortie si prospère, c’est sa capacité d’adaptation. Elle s’accommode de nombreux biotopes, à condition que le sol soit relativement humide et riche en nutriments.

Elle pousse volontiers aussi sur des souches d’arbres ou des troncs en décomposition. C’est là que je la préfère. J’aime le charme de ce qui se décompose et d’où naît une nouvelle vie.

souche arbre grande ortie
Cette souche d’arbre semble fournir suffisamment de nutriments à la Grande ortie. Elle y pousse depuis plusieurs années.

La Grande ortie peut facilement être confondue avec la Lamier blanc (Lamium album). Les deux espèces peuvent même coexister. On peut toutefois les distinguer par leurs fleurs. Et comme le suggère le nom de lamier, Lamium album ne possède pas de poils urticants.

lamier blanc & grande ortie
La Grande ortie et le Lamier blanc (Lamium album) occupent des habitats similaires.

Sommaire

La Grande ortie est à la fois source de nourriture, pouponnière, terrain de chasse et plante médicinale. Là où elle pousse, d’autres formes de vie peuvent également prospérer. Beaucoup de nos soi-disant « mauvaises herbes » jouent un rôle important dans leur écosystème. Il peut valoir la peine de regarder de plus près ce qui pousse discrètement au bord des chemins ou des routes.

Grande ortie au bord du chemin

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